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Les visiteurs français qui ont embarqué le 19 juillet sur le porte-avions Theodore Roosevelt portaient peut-être de drôles de pulls à large encolure, volaient sur des chasseurs Rafale à aile delta et utilisaient le système métrique. Mais selon l’équipage du porte-avions et l’escadrille embarquée, ces différences et d’autres n’ont pas posé de problèmes pour incorporer les aviateurs et marins français plus étroitement que jamais dans les opérations sur le pont d’envol.
“Nous avons eu du mal à nous habituer à leur accent, mais on y est arrivé,” indique le Cmdr. Carl Conti, le chef aviation du Theodore Roosevelt. “Ils sont des aviateurs, exactement comme nous.”
Les avions français ont volé pour la première fois en intégrant les opérations de vol régulières avec une escadrille d’un porte-avions américain, ce qui signifie que le Theodore Rossevelt pouvait lancer et récupérer des avions français mélangés avec des américains.
Auparavant, lorsqu’un porte-avions américain passait près de la France en Méditerranée — comme lorsque le Harry S. Truman a récupéré et lancé des avions français en mai dernier — il suspendait les opérations de vol de ses propres avions pour s’occuper des français. Mais, pendant la visite des français en juillet dernier, l’ordre habituel de lancement des avions était de 2 F/A-18 Hornets, puis 2 Rafale, puis un E/A-6B Prowler, puis un autre Rafale, tous lancés successivement depuis le pont. Des avions de guet aérien E-2 Hawkeye sont aussi venus à bord, ainsi que des personnels de pont d’envol pour guider et entretenir les appareils.
“Ils étaient exactement comme nos gars,” explique le matelot Chris Kinstle. “Ils utilisaient les mêmes ordres avec les mains, les mêmes couleurs de pull, tout.”
Les marins français sont venus à bord du porte-avions dans le cadre de l’opération Brimstone, un exercice à grande échelle qui s’est déroulé tout le long de la côte Atlantique des Etats-Unis, depuis la Caroline du Nord à la Floride. L’exercice JTFEX a permis de certifier que les navires, avions et marins des groupes du Theodore Roosevelt et de l’Iwo Jima étaient tous prêts pour leur déploiement cet automne dans le golfe Persique et l’océan Indien.
De hauts responsables de la Navy ont salué les alliés qui ont envoyés des navires et des marins pour participer à l’exercice, la France, le Brésil et le Royaume-Uni. En plus des pilotes français embarqués sur le Theodore Roosevelt, l’armada de l’exercice comprenait le sous-marin français Améthyste, le porte-avions britannique Ark Royal et, une première, la frégate brésilienne Greenhalgh.
Le directeur de pont d’envol du Theodore Roosevelt, le Lt. Cmdr. Wesley Cunningham, était bien préparé pour ajouter des avions français à son tableau de vol parce qu’il a embarqué sur le porte-avions Charles de Gaulle. Cunningham avait même des silhouettes en plastique de Rafale pour les stationner sur son plan du pont d’envol.
Cunningham explique que la journée de travail plus courte à bord du Charles de Gaulle lui manque. Il se souvient qu’il y avait beaucoup plus de temps libre, pour manger ou faire une sieste, entre autres parce que le porte-avions français a moitié moins de catapultes que le Theodore Roosevelt et qu’il ne peut lancer et récupérer en même temps les avions.
De son côté, le capitaine de corvette Yann Beaufils, un des pilotes français, a trouvé la vie à bord du porte-avions américain assez semblable à celle à bord du de Gaulle, bien que prendre une bière au bar du porte-avions français lui ait manqué après quelques heures.
Navy Times (Etats-Unis)
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