Le huitième exercice bilatéral de la série ’VARUNA’ est (…)
Le premier des quatre sous-marins nucléaires lanceurs (…)
La Grande-Bretagne et la France ont finalement signé l’accord pour la construction de 3 nouveaux porte-avions. Cela intervient après plusieurs années de négociation.
Ce qui est surprenant à propos de tout ceci n’est pas la taille imposante des porte-avions (environ 58.000 tonnes, les plus grands navires jamais construits pour les 2 marines), ou cette coopération unique (2 des porte-avions sont britanniques, un est français, et les 2 nations vont coopérer sur la conception et la construction, avec les britanniques prenant la direction.)
Non, ce qui est étonnant à propos de tout ceci sont les projets très agressifs d’automatisation. On prévoit que ces porte-avions de la classe "Reine Elizabeth" auront un équipage de 800 marins (voire moins) et un complément de 600 personnes pour la mise en oeuvre des avions. Actuellement, vous avez besoin d’un équipage de 2.000 marins pour un navire de cette taille. La réduction du nombre de personnels nécessaires à la mise en oeuvre des avions est encore plus importante.
Ces porte-avions vont couter environ 4 milliards de $ chacun, et sont prévus de rester en service près d’un demi-siècle (pendant lequel ils subiront plusieurs refontes et carénages). Mais le plus important poste de dépenses sera le personnel. Actuellement, un marin de l’U.S. Navy revient à un peu plus de 100.000 $ par an. Faites le calcul (7 milliards en frais de personnel pour chaque navire sur sa durée de vie). Donc plus l’équipage est petit, plus les économies seront importantes, et plus vous pourrez investir pour améliorer le porte-avions, acheter de nouveaux avions et ainsi de suite.
Les porte-avions seront équipés de 34 à 45 avions et hélicoptères. Ils pourront effectuer environ 110 opérations aériennes par 24 heures. Voilà pour le porte-avions actuel. Le F-35B [1] sera l’appareil principal des porte-avions britanniques. Mais il est probable que la plupart, si ce n’est la totalité, des avions de la prochaine génération seront robotisés.
Mais d’abord, le navire doit être équipé d’automatisation à un degré sans précédent. Alors que les pétroliers de 250.000 tonnes peuvent naviguer avec un équipage de moins de 40 marins (tout ce que ces gros navires doivent faire est de transporter leur chargement d’un port à un autre), un porte-avions doit combattre, trouver l’ennemi, et faire beaucoup d’autres choses. Pour leur nouvelle classe de porte-avions, les CVN 21 de 100.000 tonnes, les américains vont essayer de réduire l’équipage de 4.000 à 2.500.
Les navires de guerre ont beaucoup de fonctions uniques, comme le contrôle des dommages, et sont équipés de beaucoup de systèmes pour l’alerte, le combat, et d’autres situations. Certaines idées pour réduire les équipages sont assez évidentes, comme installer des convoyeurs pour aider à déplacer les approvisionnements lorsque les navires sont ravitaillés à la mer, ou même lorsqu’ils sont au port. Beaucoup de tâches d’entretien peuvent être éliminées en utilisant des matériaux qui demandent moins d’effort pour rester propre, et sont aussi sûrs que ceux utilisés dans le passé. Il a aussi été souligné que beaucoup de tâches de maintenance peuvent être laissées aux civils lorsque le navire rentre à quai.
La plupart des marines ne progressent pas beaucoup en automatisation. Il y a toujours une tendance à vouloir laisser des marins de quart pour surveiller du matériel qui, avec l’ajout de quelques capteurs, pourrait pourtant être surveillé depuis un poste central. S’il y a un problème, une équipe de réparation peut être envoyée. Mais dans l’intervalle, des milliers d’heures de travail ont été économisées, et une autre dizaine de marins ne sont plus nécessaires.
Une autre possibilité est d’enlever au navire la plupart des tâches administratives. Tous les navires de guerre sont maintenant connectés, par satellite, à des réseaux militaires. Donc beaucoup de marins peuvent rester à quai, et faire leur travail sans même approcher du navire. Certains marins soulignent depuis longtemps que leurs tâches administratives à bord d’un porte-avions ne les mettent que rarement en contact avec les gens qu’ils servent. Les porte-avions ont des téléphones et des emails. Pourquoi utiliser ces marins à bord du navire quand vous pouvez les utiliser (pour moins cher) depuis un quelconque point à terre ? Plus encore, beaucoup de ces tâches administratives peuvent être accomplies, et pour beaucoup moins cher, par des civils.
Mais l’objectif des nouveaux porte-avions franco-britanniques est de mener l’automatisation dans une “terra incognita”. Cela devrait être intéressant, et c’est certainement audacieux et osé. Les 3 porte-avions devraient entrer en service vers le milieu de la prochaine décennie. Juste à temps pour le centenaire de la Première Guerre Mondiale. Hmmm, c’est de mauvais augure.
Par James Dunnigan
Le texte ne reflète que les positions de son auteur.
[1] NDT : Le futur chasseur de la Royal Navy, si la coopération avec les USA se passe bien.
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