Mardi 08 mai 2012, à 04h17, le bataillon de Marins-Pompiers
Les réductions budgétaires, conséquences de la crise (…)
Après avoir fermé des hôpitaux, supprimer la gratuité des soins pour les retraités, augmenté les frais universitaires ou le nombre d’élèves par classes, la lutte contre le déficit en Espagne menace maintenant certains des bâtiments les plus emblématiques de la marine espagnole.
L’état-major de la marine espagnole envisage de désarmer son porte-aéronefs Príncipe de Asturias et 2 des 6 frégates de la classe Santa María dans le cadre d’un programme drastique visant à réduire les coûts d’entretien.
Techniquement, il s’agit de placer ces bâtiments en “activité restreinte”, en espérant qu’ils pourront à l’avenir retrouver une pleine activité opérationnelles. Les experts considèrent cependant qu’il s’agit d’un premier vers le désarmement définitif. Et ils avancent 3 raisons : il n’y a aucune perspective que la situation budgétaire s’améliore à moyen terme ; les bâtiments se détériorent rapidement s’ils ne sont pas entretenus ; et parce que, en raison de leur âge, la remise en service nécessiterait des sommes importantes, dont la rentabilité serait plus que douteuse.
La décision sur l’avenir du Príncipe de Asturias sera prise au « plus haut niveau politique », selon la marine espagnole, en raison de la signification symbolique. Il s’agit du seul porte-aéronefs espagnol et, comme tel, il constitue un élément dissuasif de 1er ordre. Sa simple présence à proximité d’une zone de conflit, bien qu’il ait une attitude pacifique et reste dans les eaux internationales, constitue un message politique clair.
Le Príncipe de Asturias a été mis en service en 1988. En 2003, il était prévu qu’il subisse un grand carénage, pour une modernisation complète. Il a cependant été annulé en raison du coût élevé (400 millions €). Son état se dégrade lentement et la plupart de ses équipements sont obsolètes.
Bien que cela ne soit pas dit officiellement, son activité est très limitée, et il ne participe pas à des exercices internationaux. Il ne quitte pas les parages de sa base de Rota.
Dans les prochains mois, la marine espagnole va admettre au service actif le bâtiment de projection stratégique Juan Carlos I. Il ne s’agit pas à strictement parler d’un porte-aéronefs, mais il peut cependant accueillir les Harrier, ce qui permettra aux pilotes espagnols de maintenir leurs qualifications nécessaires pour le combat.
L’entretien du Príncipe de Asturias coûte 30 millions € par an. Le budget d’entretien des bâtiments de la marine espagnole a été réduit de 25% au cours des 4 dernières années.
El País (Espagne)
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