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Même si le projet n’est pas encore totalement finalisé, « le dessin table sur un tonnage de l’ordre de 60 000 tonnes », indiquait alors l’amiral Jean-Louis Battet. C’est beaucoup plus que le Charles-de-Gaulle, qui jauge 40 000 tonnes. Or ce dernier avait justement été dimensionné pour pouvoir être construit à l’arsenal de Brest, dont le plus grand bassin mesure 240 mètres de long. Pour être assemblé dans cette « forme », la taille du porte-avions avait été limitée à 231 mètres. « Avec un poids supérieur de 50 %, le futur porte-avions sera évidemment plus long. Et il n’est pas prévu de construire une nouvelle forme », reconnaît-on à la Direction des constructions navales (DCN), qui partagera la maîtrise d’oeuvre avec Thalès.
La coque du deuxième porte-avions français devrait donc être assemblée à Saint-Nazaire. Les chantiers de l’Atlantique sont en effet les seuls spécialistes français des navires de grande dimension : ils ont construit le paquebot Queen Mary 2, long de 345 mètres. Ils ont aussi lancé le porte-avions Foch en 1960, alors que son frère aîné, le Clemenceau, était construit à Brest.
S’il est très symbolique, l’assemblage de la coque d’un bateau n’est pourtant pas la partie la plus rentable de sa construction. La coque peut même arriver par morceaux : ainsi, douze des dix-sept « blocs » du nouveau bâtiment de projection et de commandement Mistral, mis à flot le 6 octobre à Lorient, ont été produits aux chantiers de Gdansk, en Pologne. Quant à une éventuelle coopération avec les Britanniques, qui vont construire deux porte-avions, elle devrait finalement se limiter à des « systèmes » communs, par exemple pour la propulsion ou l’électronique. « Ce ne seront pas des sister-ships (navires identiques, ndlr) », reconnaît-on des deux côtés de la Manche.
En effet, les deux marines ont fait des choix contraires quant au type d’avions embarqués, ce qui modifie l’architecture du bateau. Les Britanniques utiliseront le futur F35 américain, à décollage court et atterrissage vertical, alors que les Français mettront en oeuvre le Rafale, qui nécessite catapulte et brins d’arrêt.
Jean-Dominique MERCHET
Libération
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