La Marine Nationale aura la place de choix lors de la (…)
Les navires se rassemblent au large des côtes anglaises (…)
La décision de partager la construction des nouveaux porte-avions entre la France et le Royaume-Uni s’appuie sur l’économie et sur la politique, écrit Dominic O’Connell.
Deux porte-aéronefs de la Royal Navy, les HMS Invincible et HMS Illustrious, mèneront la revue navale de Trafalgar.
Mais le grand amiral Nelson se retournerait peut-être dans sa tombe s’il avait idée des projets tranquillement étudiés pour le remplacement de ces navires.
Les 2 nouveaux porte-aéronefs de la Royal Navy, qui seront les plus puissants navires de guerre britanniques à arborer le White Ensign [1] et la pierre angulaire de la future flotte, pourraient être partiellement construits en France. Cette évolution vers un programme conjoint va probablement déclencher une contreverse politique et, en même temps, déterminer le futur de l’industrie britannique de la construction navale.
Le rapporchement entre les 2 vieux ennemis est provoqué par la haute politique et le pragmatisme. Les ministes britanniques sont favorables à un accord avec les français pour montrer que la Grande-Bretagne n’est pas totalement dépendante de l’Amérique pour sa défense et que, malgré quelques désaccords récents, l’entente cordiale est vivante et se porte bien.
Le ministère de la défense, en même temps, y voit le moyen de faire rentrer les porte-aéronefs dans un budget très serré.
La Royal Navy veut deux porte-aéronefs de 65.000 tonnes, qui couteront, selon les experts, au moins 4 milliards de £. Mais le budget disponible n’est que de 3,5 milliards, selon des responsables.
La coopération avec les français, qui ont besoin eux aussi d’un nouveau porte-avions, pourrait permettre de réaliser des économies significatives, avec des coûts de dévellopement et de construction répartis entre 3 navires plutôt que 2.
Le premier indice d’un rapprochement est arrivé en juin dernier. Geoff Hoon, alors ministre de la défense, a signé un accord de coopération avec le ministre français, Michèle Alliot-Marie, sur le pont du “Charles de Gaulle” en escale à Portsmouth.
Dans les dernières semaines, le mouvement vers un programme commun s’est accéléré.
La principale objection français - que les plan du porte-aéronef britannique pourrait ne pas permettre d’utiliser le Rafale - semblent avoir été dépassées, et les compagnies du secteur de la défense des 2 cotés ont commencé des discutions sur la coopération industrielle. Les français doivent décider s’ils rejoignent le programme britannique en octobre.
Des hauts responsables de l’industrie britannique de défense ont déclaré au Sunday Times lors du salon du Bourget que la voie vers un programme commun était maintenant dégagée.
“Nous avons un accord avec les français. Ils vont construire un tiers des navires, et nous les 2 autres tiers,” a déclaré un dirigeant d’une entreprise leader du secteur.
D’autres sont prudents. “Ce n’est pas encore signé. L’écart entre les avantages et les incovénients n’est pas suffisant pour que la décision soit évidente,” indique une source.
Selon les projets discutés entre les gouvernements et les chantiers navals, la Royal Navy recevrait le premier navire et le troisième, les français, le second.
[1] Le pavillon réservé à la Royal Navy.
Sunday Times
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