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Les pilotes français effectuant des missions d’attaque en Libye contre les troupes pro-Kadhafi n’utilisent pas les images précises et les renseignements fournis par les avions américains de intelligence surveillance, selon des déclarations faites mercredi par des pilotes français participant à ces sorties.
Depuis le premier jour des frappes aériennes en Libye, les pilotes français cherchent à identifier positivement sur « qui ou quoi » ils tirent, a expliqué un pilote français devant des industriels et des pilotes assistant à une conférence à Londres. « Le pilote dans son cockpit est entièrement seul ».
Lorsqu’on lui a demandé pourquoi les forces françaises ne profitaient par des images fournies par les moyens aériens de surveillance (drones et avions), les pilotes ont répondu que cela prenaient trop de temps pour se coordonner avec le commandement de l’OTAN du Combined Air Operations Center (CAOC), en Italie du Nord. Les pilotes préfèrent s’appuyer sur leur propre pod de reconnaissance. Les pilotes ont aussi indiqué qu’ils n’utilisaient pas les images des drones Predator pour identifier leur cible, expliquant qu’il fallait trop de temps pour que ce type d’images soit autorisée par le CAOC.
Les pilotes français ont aussi indiqué qu’ils préféraient l’imagerie de leurs propres pods parce qu’il y avait des matrices intégrées de ciblage. En général, ils envoient un avion de reconnaissance, prennent les photos, identifient les cibles et envoient un avion attaquer la cible, le tout en moins de 5 heures.
Les pilotes français ont insisté sur l’inquiétude permanente d’éviter des frappes aériennes sur des civils et ont dit la difficulté d’identifier positivement les cibles au sol sans l’aide de contrôleurs au sol expérimentés. Aucun pays de l’OTAN n’a engagé de troupes au sol en Libye.
Le département américain de la défense a refusé de faire des commentaires sur les déclarations des pilotes de la marine nationale ou sur les frappes aériennes françaises en Libye.
Ces déclarations sont en totale contradiction avec celles faites par le général Stéphane Abrial, qui avait déclaré que « Nous n’aurions pas pu atteindre un tel niveau d’efficacité en Libye sans la participation importante des Etats-Unis. » Le général a précisé que cela s’appliquait en particulier à l’identification des cibles.
L’état-major des armées précise que pour certaines missions très spécifiques, il est utilisé une « boucle courte », la réactivité de la mission justifie généralement l’utilisation de moyens nationaux — même si dans l’absolu, rien n’interdirait d’utiliser pour cela des moyens de surveillance américains par exemple.
En revanche, pour des missions planifiées, tous les renseignements disponibles sont utilisés, sans parfois que les pilotes sachent quelle est son origine.
Dans une opération internationale, telle que Harmattan, tous les renseignements obtenus sont transmis à tous les participants.
AOL (Etats-Unis)
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