La flotte fantôme de la Russie fait un long détour autour de la Grande-Bretagne pour échapper aux interceptions

  • Dernière mise à jour le 6 juillet 2026.

Les navires de la « flotte fantôme » russe ont commencé à éviter les eaux britanniques et françaises alors que les efforts d’interception s’intensifient. Londres et Paris ont renforcé la surveillance des pétroliers visés par des sanctions, contraignant ces navires à emprunter un itinéraire plus long contournant la Grande-Bretagne par l’Atlantique Nord, plutôt que de passer par le trajet traditionnel de la Manche. Ce détour allonge désormais le trajet de chaque navire de plus d’une journée entière.

Selon certaines informations, cinq pétroliers visés par des sanctions, qui ont fait escale à Primorsk vendredi, ont choisi un itinéraire contournant la Grande-Bretagne. Primorsk est le plus grand port russe de chargement de pétrole. Deux autres navires, positionnés près des côtes portugaises, ont également opté pour ce trajet plus long, témoignant d’une tendance plus large parmi les transporteurs de pétrole russes. Il est à noter que le contournement de la Manche peut entraîner pour chaque navire une consommation supplémentaire de 100 tonnes de carburant marin, ce qui représente environ 60 % des coûts totaux du voyage.

Interceptions de pétroliers et nouvelle législation

Dans ce contexte, il convient de noter que les forces militaires françaises, britanniques et suédoises ont intercepté 13 pétroliers depuis le début de l’année. Parmi eux figurent :
 le pétrolier Smyrtos, immobilisé par le Royaume-Uni le 14 juin ;
 le navire Deliver, intercepté par la France près de la Sicile le 23 juin ;
 et le pétrolier Invicta, qui a contourné le cap de Bonne-Espérance le 29 juin, allongeant ainsi son trajet de plus de 10 jours.

Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, Moscou a constitué une « flotte de l’ombre » composée de plus de 700 pétroliers. Cette flotte opère sous quelque 21 pavillons différents, et le nombre de navires ayant changé de pavillon a plus que doublé l’année dernière. Un responsable européen de la sécurité, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré : « Les navires russes font tout leur possible pour éviter les eaux territoriales étrangères. »

Par ailleurs, l’Irlande et la Belgique adoptent des lois permettant d’intercepter et d’inspecter les navires visés par des sanctions. Il convient de noter qu’un navire sans pavillon peut faire l’objet d’une visite sans procédure particulière. Ces navires transportent du pétrole russe depuis la mer Baltique ou la mer Noire, via la Méditerranée, jusqu’en Asie, illustrant ainsi les évolutions stratégiques des voies d’approvisionnement pétrolier dans un contexte de durcissement des sanctions internationales.

Les modifications apportées aux itinéraires des navires transportant du pétrole russe témoignent de la capacité de Moscou à s’adapter aux nouvelles contraintes liées aux pressions internationales et aux sanctions. Ces détours engendrent des coûts et des délais supplémentaires, susceptibles d’affecter la rentabilité globale des livraisons de pétrole russe. Cette situation met en évidence la manière dont les efforts internationaux de surveillance des navires sanctionnés contraignent la Russie à repenser ses circuits logistiques traditionnels.

Au vu de ces évolutions, la situation concernant la « flotte fantôme » russe continue d’évoluer. Face aux pressions internationales, Moscou a déposé une plainte officielle auprès de l’Organisation maritime internationale concernant les attaques ukrainiennes visant ses navires. Cette escalade illustre la complexité des opérations maritimes dans un climat de tensions géopolitiques persistantes.

Référence :

InKorr (Ukraine)