Environ 185 marins de la Royal Navy britannique ont fait (…)
Le programme coûteux de l’US Navy visant à installer des missiles hypersoniques sur trois destroyers de la classe Zumwalt accuse un retard de deux ans, selon des auditeurs gouvernementaux.
Outre les problèmes liés tant aux destroyers qu’aux missiles, la Marine et l’Armée de terre ne coordonneraient pas leurs travaux sur le programme conjoint de missile de frappe conventionnelle rapide (CPS). Les essais en vol du missile, initialement prévus pour 2025, ont été reportés à 2027.
« Malgré les récents succès des essais du missile CPS, la Marine est confrontée à plusieurs défis programmatiques liés au développement, à la livraison et au déploiement de ce missile sur les navires de la classe DDG-1000 », a averti le rapport du Government Accountability Office (GAO). « Ces défis incluent, entre autres, la hausse des coûts, les retards de calendrier, les problèmes de fiabilité des destroyers de la classe DDG-1000 et les difficultés de production du CPS. »
Cherchant une mission pour les DDG-1000 après que la flambée des coûts et les inquiétudes concernant leurs capacités ont conduit à réduire le programme de 32 navires à seulement trois unités, la Marine a décidé en 2022 d’équiper les Zumwalt de missiles hypersoniques CPS de type « boost-glide » (propulsion initiale suivie d’un vol plané). Le système CPS utilise un propulseur à deux étages pour lancer un planeur à haute altitude capable d’atteindre une cible située à des milliers de kilomètres en 30 minutes ou moins.
Deux navires de la classe Zumwalt ont été livrés, et la livraison du troisième est prévue pour 2028. Par ailleurs, les missiles CPS équiperont les sous-marins d’attaque de la classe Virginia, tandis que l’armée de terre (US Army) utilisera une version terrestre baptisée « Land-Range Hypersonic Weapon ».
Toutefois, les modifications apportées à ces destroyers — notamment l’installation de missiles hypersoniques et de tubes de lancement verticaux — ont entraîné des surcoûts et des retards.
Ainsi, l’un des navires a nécessité « davantage de câblage que ce qui avait été prévu dans la conception initiale du projet, car le maître d’œuvre a coupé et retiré plus de câbles que prévu dans la partie avant du navire pour permettre l’installation des tubes de lancement des missiles CPS », a relevé le GAO.
Par ailleurs, « les navires de la classe DDG-1000 sont dotés de systèmes uniques — notamment leurs systèmes radar, de combat et de réseau — qui sont coûteux et difficiles à soutenir et à entretenir », a indiqué le GAO.
Les navires de la classe Zumwalt pâtissent du manque de fiabilité de leurs systèmes d’alimentation électrique et de difficultés d’approvisionnement en pièces de rechange.
Malgré des essais en vol concluants réalisés depuis des installations terrestres, le missile CPS a également rencontré des problèmes.
Le coût des missiles a fortement augmenté : une estimation de la marine datant de 2020, prévoyant 31 milliards de dollars pour 262 missiles, a grimpé en flèche pour atteindre 41 milliards de dollars pour 224 missiles.
« Lockheed Martin, maître d’œuvre chargé de l’intégration de la production du corps du missile CPS, est confronté à d’importants problèmes de fabrication qu’il doit résoudre pour produire les missiles aux cadences et aux coûts prévus », a déclaré le GAO.
Des problèmes sont apparus concernant les revêtements résistants à la chaleur, les pièces non conformes et une capacité de production insuffisante, l’usine ne pouvant fabriquer que six ou sept missiles par an au lieu des douze visés.
La fabrication du missile CPS s’est également révélée trop complexe pour certains ouvriers.
« Selon les responsables des programmes de la Marine et de l’Armée de terre, les instructions de travail sont rédigées en grande partie sous forme de spécifications techniques, transmises par le maître d’œuvre à des ouvriers sortant tout juste du lycée ou d’une école professionnelle », a relevé le rapport du GAO. « Les responsables de la supervision de la production au sein de la Marine ont estimé qu’il était déraisonnable d’attendre de ces ouvriers qu’ils comprennent les instructions fournies. »
En théorie, la tâche devrait être plus aisée pour l’Armée de terre avec son missile LRHW, qui se distingue du CPS principalement par son système de lancement. Au lieu du système d’éjection à gaz froid qui propulse le CPS hors de son tube avant la mise à feu, le LRHW utilise un système de lancement à chaud.
Toutefois, le GAO a souligné un manque de coordination préoccupant entre les deux services. Par exemple, alors que la Marine est chargée de la production du corps du missile, l’Armée de terre a fait appel à son propre consultant pour étudier les moyens d’accroître la production.
Ainsi, « la Marine ne peut prendre de décisions de manière isolée, puisque l’Armée de terre achète ses propres missiles et gère des aspects clés de la production », a conclu le rapport. En l’absence d’une stratégie conjointe de développement et d’acquisition, « la Marine et l’Armée de terre risquent d’entraîner des retards supplémentaires ainsi qu’une utilisation inefficace des fonds des contribuables ».
Defence news (Etats-Unis)
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